l'hébergement

  Sur les chemins peu fréquentés tels que la voie de Vézelay, il faut souvent recourir aux hôtels et aux chambres d'hôtes pour un coût minimum en France de 30 à 35 €. En dehors des périodes habituelles (soit entre octobre/novembre et mars/avril), cela devient systématique.

  Solution alternative : la tente autorisée de ce côté de la frontière et sur accord du propriétaire du terrain. Sur les GR, le bivouac (montage pour une nuit) est autorisé mais pas le camping (plusieurs jours). C'est l'application même du principe de la grande randonnée qui prône le voyage en totale autonomie. En Espagne, le bivouac sauvage est interdit et nombre de pèlerins non informés promènent une tente inutile et lourde quelques jours avant de se résigner à la renvoyer chez eux.

  Enfin, les gîtes et refuges (albergues en Espagne), communaux ou privés, souvent gérés par des associations jacquaires, pratiquant des prix raisonnables de 12 à 15 € en France et de 8 à 12 E en Espagne avec des minimas à 5 € en Galice. Le "donativo" (don) parfois pratiqué en Espagne consiste à laisser le prix à la libre appréciation de l'usager. Devant les abus constatés, la notion de donativo s'en est trouvée parfois dévoyée avec des donativo de 8 € minimum. Cette pratique tend à disparaître.

  Une des grandes questions relatives à l'hébergement est : "faut-il réserver ou non ?" En Espagne, la réponse est claire : pas de réservation, premier arrivé, premier servi. Il y a maintenant suffisamment d'albergues bien réparties le long du chemin pour faire halte dès qu'on le souhaite, au pire 5 km plus loin. Les Espagnols évitent ainsi les réservations par téléphone non suivies d'effet, des petits "malins" réservant plusieurs endroits de façon à être sûrs d'avoir un toit, négligeant ensuite d'annuler et privant d'autres pèlerins d'une place perdue également pour l'hospitalier. Cette pratique a toujours lieu en France où des pèlerins réservent tout leur parcours au jour le jour ou pire, avec 15 jours d'avance, façon voyage organisé. Liberté du chemin, certes, mais jamais sans mon portable ni mon planning. L'aventure encadrée, balisée.

  Dans le même registre, une particularité des gîtes communaux en France gérés par la ville veut qu'on prévienne la mairie la veille par téléphone. On se demande pourquoi car le frigo n'est pas d'avantage rempli et le chauffage est à mettre en route. Ainsi, quand la mairie est fermée pour un long week-end de pont, si fréquent en mai, c'est 4 jours avant qu'il faut avertir de son passage ! Ce serait si simple de laisser un n° de téléphone sur la porte et les clés au café du coin... On retombe dans le voyage organisé ou encore on réserve à tout va de manière à assurer. Et tant pis si c'est pour rien.

  En matière de confort, les gîtes sont généralement bons et les sanitaires convenables, à de rares exceptions près qu'il faudrait muséifier dans le plus pur style moyen-âgeux. Ils sont connus et on en parle avec gourmandise dans les gîtes suivants. Les chambres vont de 4 lits jusqu'au dortoir de plus de 25 en lits superposés. Il y a toujours au moins un ronfleur et de rares auberges proposent des chambres spécifiques (vu une fois à Pampelune).

  Le rythme de vie y est immuable : arrivée, règlement et tampon sur la crédentiale, dépose des chaussures à l'entrée, prise de possession du lit, déballage des affaires, douche (vivement conseillée le soir pour éviter de partir le matin avec les pieds humides), lavage du linge et repos. Ensuite, visites, discussion avec les autres pèlerins et repas pris à l'extérieur ou dans la cuisine collective si c'est possible. Puis ce sera le lit pour tout le monde avec extinction automatique ou non de la lumière vers 22 h. Les fêtards, très rares sur le chemin, devront rentrés également car les portes sont généralement fermées sans possibilité d'être ouvertes. Le lendemain, les plus matinaux se lèveront vers 5 h et sortiront discrètement à la lueur de leur lampe frontale alors que la majorité des pèlerins s'apprêtera entre 6 et 7 h. C'est étonnant comme on adopte vite ce rythme de sommeil qui permet au printemps et en été de partir avec le soleil naissant et d'éviter les fortes chaleurs de l'après-midi.

  Petits conseils pratiques pour finir : avoir un duvet + 10° C pour les lits sans couverture, un sac à dodo pour remplacer les draps inexistants et une taie pour recouvrir les oreillers. Certains gîtes prévoient un kit drap-taie jetable, idée à priori séduisante, mais un pas de plus dans l'assistanat du pèlerin-touriste et une source de gaspillage supplémentaire.

  Au-delà de tout ça, ne pas oublier que les gîtes et autres auberges sont des lieux de rencontres fantastiques où l'on échange autour de la vie et du pèlerinage avec des gens de toute nationalité, ce qui ne peut se faire dans le confort et la quiétude des hôtels.

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